De faux sites GTA 6 propagent un malware voleur de mots de passe — et il n'existe aucune vraie démo
Il n'existe pas de démo de GTA 6 — et c'est justement tout le problème
Prévu pour le 19 novembre sur PS5 et Xbox Series X|S, sans version PC annoncée, GTA 6 concentre une attente telle que les arnaqueurs en profitent sans retenue. Malwarebytes a identifié tout un réseau de sites usurpant l'identité de Rockstar, qui remontent dans les résultats de recherche pour « démo GTA 6 » et copient la communication officielle de l'« Un Large Aperçu » du 27 août pour paraître crédibles (Malwarebytes). Le piège : les visiteurs qui cliquent sur « Play Now » téléchargent en réalité un exécutable nommé `gta6_installer.exe` — ni une démo, ni un jeu, ni une vidéo, mais un logiciel voleur d'informations.
La taille du fichier suffit à éveiller les soupçons : l'exécutable ne pèse que 1,1 Mo, bien trop peu pour un jeu AAA moderne (TechRepublic). Rockstar n'a jamais annoncé ni diffusé la moindre démo de GTA 6 : toute offre de version jouable — « démo », « bêta » ou « accès anticipé » — est frauduleuse par définition.
Un voleur bien équipé : Vidar
Selon Malwarebytes, la charge utile n'est autre que Vidar, un infostealer vendu sur les marchés cybercriminels. D'après l'analyse de TechRepublic, il vise les mots de passe enregistrés, les cookies de session, l'historique, les données de saisie automatique et les identifiants FTP, en fouillant 19 navigateurs — dont Chrome, Edge, Firefox, Brave, Opera et Vivaldi — ainsi que les profils Thunderbird, le navigateur Comet de Perplexity et le composant WebView2 intégré à Roblox Studio (TechRepublic).
Le plus dangereux reste le vol de cookies : les attaquants peuvent parfois réutiliser une session déjà authentifiée sans repasser par la page de connexion, ce qui signifie que la double authentification ne suffit pas forcément à protéger un compte une fois le jeton de session dérobé (Malwarebytes).
L'ampleur du phénomène : 212 domaines et ça continue
L'arnaque ne se limite pas à quelques pages. Selon une enquête de Surfshark relayée par le média sud-coréen ETNews, plus de 210 domaines liés à GTA 6 ont déjà été enregistrés, et environ un sur quatre présente des signes d'activité malveillante — fausses pages de précommande, investissements en cryptomonnaie bidon et distribution de malwares (ETNews). Le nombre a plus que doublé en moins d'un mois, passant d'une centaine de domaines fin juillet à 212 à la mi-août, et les chercheurs estiment qu'il pourrait dépasser les 750 avant la sortie si la tendance se poursuit (ETNews).
Une campagne portée par la vague de fuites
Le calendrier dit tout. Le premier échantillon malveillant de `gta6_installer.exe` a été repéré le 19 août — soit un jour après que le groupe Cyberleak a commencé à diffuser ce qui semble être de vraies images de gameplay et une carte de Leonida (Malwarebytes). La vague de fuites a laissé croire aux joueurs que d'autres contenus non officiels pouvaient circuler, et les escrocs ont exploité exactement cette attente. Ce n'est d'ailleurs pas une première : plus tôt dans l'année, des fraudeurs vendaient déjà des « accès anticipés » factices à GTA 6 pour plusieurs centaines de dollars (Malwarebytes).
Ce que doivent faire les joueurs
La meilleure protection est aussi la plus simple : il n'existe aucune démo officielle de GTA 6, donc tout site qui en propose une est un faux, aussi convaincant que soit son habillage aux couleurs de Rockstar (TechRepublic). Passez uniquement par les canaux officiels — le jeu lui-même est le seul produit que Rockstar vend. Si vous avez téléchargé le fichier sans l'exécuter, supprimez-le et analysez votre machine. Si vous l'avez lancé, Malwarebytes recommande de considérer que vos identifiants et vos sessions peuvent être compromis : analysez l'ordinateur, puis changez vos mots de passe importants depuis un appareil sain, déconnectez vos sessions actives et vérifiez vos comptes pour repérer d'éventuels appareils inconnus ou applications connectées (TechRepublic).
À moins de trois mois de la sortie, cette vague va continuer de grossir avec le battage médiatique. La règle tient en une phrase : pour GTA 6, si ça ressemble à une démo gratuite, c'est un piège.