GTA 6 : « le monde ouvert le plus riche de tous les temps » — le verdict de WorldOfGeek après l'Extended Look
Un verdict construit sur la densité, pas la taille
Après avoir revu l'Extended Look de 27 minutes, diffusé en avant-première sur Netflix le 27 août, la rédaction de WorldOfGeek rend une impression nette : Vice City ne cherche pas à battre des records de superficie. L'ambition affichée est ailleurs — faire de chaque rue, plage ou station-service un petit théâtre capable de détourner le joueur de sa mission pendant une heure. Rockstar, écrit le site, ne construit plus une carte, mais « une machine à provoquer des distractions ».
Une mission suffit à montrer la nouvelle échelle
Le verdict s'appuie sur la longue séquence de gameplay mettant en scène Jason et Lucia, venus récupérer un colis pour un contact surnommé Boobie — un rendez-vous qui tourne mal quand la police débarque. Rien de révolutionnaire sur le papier : des criminels, une opération douteuse, des gyrophares, le petit-déjeuner réglementaire de la série. Ce qui frappe d'entrée, c'est tout ce qui entoure l'action : des décors habités jusque dans leurs recoins, des éclairages qui donnent une identité immédiate aux lieux, des passants qui ne ressemblent plus à des figurants clonés. Le tout capturé en jeu sur PlayStation 5, sans chercher à cacher les coutures.
Autre enseignement : Jason et Lucia fonctionnent déjà comme un duo, pas comme deux avatars interchangeables. Leur proximité donne aux scènes ordinaires une tension plus personnelle que dans GTA V — un choix qui pourrait transformer les trajets et les préparatifs en moments narratifs, à condition que leur relation ne soit pas enfermée dans des missions trop dirigistes.
Des activités qui impressionnent par leur intégration
La présentation enchaîne les occupations à une vitesse presque comique : braquages de commerces, courses urbaines nocturnes, basket, musculation, motocross, plongée, jet-ski, canoë, parachutisme, compétitions automobiles sur circuit et longues escapades hors du centre-ville. Pris séparément, aucun de ces loisirs ne bouleverse le genre. Ensemble, ils dessinent une Leonida où l'on peut passer d'une poursuite policière à une sortie en mer sans sentir le changement de programme — le même principe que dans Red Dead Redemption 2 : des activités secondaires qui servent moins à cocher des cases qu'à donner l'illusion d'un territoire qui continue de vivre sans nous.
C'est probablement là que GTA VI peut creuser un écart difficile à rattraper, poursuit WorldOfGeek. Beaucoup de studios savent fabriquer une belle ville ou un gros catalogue de mini-jeux. Peu disposent du temps, des effectifs et du budget pour relier ces éléments avec des animations crédibles, une physique homogène et des transitions naturelles. La démonstration de puissance n'est pas un palmier photoréaliste — c'est le fait que personne ne semble attendre sagement l'arrivée du joueur.
La réserve qui accompagne l'éloge
Le site reste prudent face à la course au détail, rappelant que l'immersion de Red Dead Redemption 2 pouvait ralentir les gestes les plus simples. L'Extended Look montre un système de tir familier, une roue de sélection et un ralentissement facilitant la visée : propre, lisible, mais pas encore renversant. Le danger, prévient WorldOfGeek, serait d'obtenir le décor le plus sophistiqué de l'histoire pour y accomplir des missions toujours aussi encadrées. La richesse visuelle ne remplacera jamais la liberté ludique : si Rockstar autorise le chaos dans les rues mais sanctionne chaque détour en mission, la contradiction deviendra difficile à pardonner.
Un casque évoquant un ancien modèle de réalité virtuelle apparaît également dans la vidéo. Pour le média, rien ne permet d'y voir la confirmation d'un mode VR — il s'agit plus vraisemblablement d'un accessoire intégré à la satire technologique de Vice City. Les chasseurs d'indices peuvent ranger leur casque quelques minutes, sans forcément jeter le carton.
GTA VI sort le 19 novembre 2026 sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S ; aucune version PC n'est annoncée. La présentation rassure sur la densité, la mise en scène et l'identité de Vice City, conclut WorldOfGeek — mais le plus gros exploit sera de donner une conséquence à cette profusion, de laisser les systèmes se rencontrer et d'accepter que le joueur dérègle la mécanique. Si Leonida tient cette promesse, les autres mondes ouverts risquent soudain de ressembler à de très grands parkings.