GTA 6 relance une querelle vieille de 40 ans à Miami : d'où vient ce fameux « Vice »
Dans les années 1980, des élus de Miami ont demandé à Michael Mann de retirer « vice » du titre de sa série. Quarante ans plus tard, la ville de Miami demande à Rockstar de ne pas écrire « Vice City » sur ses bannières publicitaires. Axios Miami raconte comment le même débat renaît autour du marketing de GTA 6, entre 4 millions de dollars pour Miami Beach et un plan aéroport toujours contesté par
La réponse courte
Miami a déjà eu cette discussion. Axios Miami rappelle qu'à l'époque où Miami Vice entrait en production, dans les années 1980, des élus redoutaient que la série ne fasse la publicité des problèmes de criminalité de la ville : ils ont demandé au producteur Michael Mann de supprimer le mot « vice » du titre — une démarche documentée à l'époque par le Miami Herald. Quarante ans plus tard, le mot est de retour, accolé à Grand Theft Auto VI : la ville de Miami a demandé à Rockstar de retirer « Vice City » des bannières qu'elle s'apprête à autoriser dans son centre-ville, et sa maire, Eileen Higgins, l'a dit sans détour : « Nous n'aimons pas qu'on nous appelle "Vice City". »
Ce que Miami craignait à l'époque
Axios replace l'épisode dans son décor. Dans les années 1980, la ville traverse ce que l'historien local Paul George décrit à l'outlet comme « le pire des moments » : exode de Mariel, émeutes McDuffie, assassinats sur contrat, police sous surveillance. La crainte était que « Vice » ne mette en valeur « les mauvaises choses ». La série a produit l'inverse de ce que ses détracteurs annonçaient : créditée d'avoir contribué à sauver South Beach, elle a déplacé le tourisme vers le sud et projeté sur la scène internationale l'Art Deco District, la Miami River et des quartiers comme Little Havana.
« Ça a finalement mis en valeur toute la région, résume George. Je pense que ça a donné aux gens une sorte de fierté bizarre vis-à-vis de cet endroit » (Axios).
La deuxième manche ressemble à la première
La version moderne du débat se joue dans trois institutions, qu'Axios aligne dans un même article. Les élus de Miami Beach ont validé une campagne publicitaire sur la plage, pour un montant pouvant atteindre 4 millions de dollars selon le Miami New Times. La ville de Miami prépare de son côté des permis pour des bannières sur des immeubles privés du centre-ville — environ 1 million de dollars, selon l'estimation d'un élu — et exige que les mots « Vice City » n'y figurent pas.
Le comté de Miami-Dade, enfin, a discuté d'une présence marketing sur des sites publics, dont l'aéroport international. L'idée est attaquée publiquement par la shérif Rosie Cordero-Stutz et l'élu J.C. Bermudez, pour qui un gouvernement ne devrait pas prêter ses bâtiments et sa marque à un jeu construit autour d'activités criminelles, violences contre les policiers comprises.
Les partisans de ces campagnes tiennent un raisonnement plus étroit : l'attention viendra de toute façon, autant en tirer de l'argent sans cautionner le jeu.
Pourquoi la comparaison tient — et où elle casse
Les deux manches partent de la même donnée : une version de Miami que la ville ne contrôle pas s'apprête à être vendue au monde entier, et il faut choisir entre la combattre et la taxer. Dans les années 1980, Miami ne pouvait que demander à un producteur de télévision de changer un titre. En 2026, elle facture Rockstar à la bannière et finance un parc public avec la recette : un renversement qu'Axios souligne, la ville empruntant désormais l'image que Rockstar lui prenait.
La comparaison se fissure sur le support. Miami Vice se regardait ; GTA VI se joue, la violence y étant un mécanisme et non un décor. Paul George dit comprendre les objections policières, en particulier si le jeu présente la ville sous un jour plus caricatural que la série.
Sa lecture de l'effet produit, en revanche, ressemble davantage à celle de 1984 qu'à celle de la shérif : « Je pense que ça va attirer davantage d'attention sur Miami. La grande question, c'est : en bien ou en mal ? Entre les mains des jeunes, ce sera probablement en bien » (Axios).
Et maintenant
GTA VI sort le 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S. L'ordonnance municipale de Miami doit encore passer une deuxième lecture, la campagne de la plage est prévue du 15 octobre à la fin de l'année, et l'idée d'un « Vice City Airport » au niveau du comté n'a jamais été approuvée. Quarante ans après Miami Vice, la question posée à la ville est celle qu'a entendue Michael Mann le premier : le Miami que le monde paie pour voir est-il celui que la ville veut vendre ?


